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Tests et personnalitéLecture : 12 min

Les 16 types de personnalité du MBTI

ISTJ, ENFP, INTP… Ces codes de quatre lettres désignent les 16 personnalités MBTI, c’est-à-dire les seize types de personnalité décrits par le Myers-Briggs Type Indicator.

Crayons de couleur disposés en éventail sur une table blanche

ISTJ, ENFP, INTP… Ces codes de quatre lettres désignent les 16 personnalités MBTI, c’est-à-dire les seize types de personnalité décrits par le Myers-Briggs Type Indicator. Ils n’ont rien d’arbitraire : chacun résulte de la combinaison de quatre dimensions, qui opposent chacune deux préférences. Cet article explique comment ces types se construisent, comment lire un code et comment on les regroupe en quatre grandes familles. Le portrait de chaque type fait l’objet d’un article à part, qui présente les caractéristiques de chacun des 16 types, un par un.

Qu’est-ce que le MBTI ?

Le MBTI est un questionnaire de personnalité qui décrit des préférences : la façon dont chacun préfère diriger son énergie, recueillir l’information, prendre ses décisions et s’organiser. Il a été conçu par deux Américaines, Katharine Cook Briggs et sa fille Isabel Briggs Myers, ni l’une ni l’autre psychologue de formation. Les premières versions du questionnaire datent des années 1940.

Leur point de départ est la théorie des types psychologiques du psychiatre suisse Carl Gustav Jung, publiée en 1921. Jung distinguait deux attitudes, l’extraversion et l’introversion, et quatre fonctions : deux manières de percevoir (la sensation et l’intuition) et deux manières de juger (la pensée et le sentiment). En associant la fonction qui domine chez une personne à l’une ou l’autre attitude, il décrivait huit types. Briggs et Myers ont placé au cœur de leur modèle une idée que Jung évoquait : une fonction auxiliaire vient seconder la fonction dominante. Elles ont aussi rendu explicite une quatrième dimension, le rapport au monde extérieur, qui permet de repérer ces deux fonctions. Chacun des huit types de Jung se dédouble ainsi selon sa fonction auxiliaire : on obtient seize types.

Le MBTI repose donc sur quatre dimensions, chacune opposant deux pôles :

  • Extraversion (E) ou Introversion (I) : l’orientation de l’énergie. La personne qui préfère l’extraversion se recharge dans l’échange et l’action ; celle qui préfère l’introversion, dans la réflexion et le calme.
  • Sensation (S) ou Intuition (N) : le recueil de l’information. La première s’attache aux faits concrets et à l’expérience ; la seconde, à la vue d’ensemble, aux liens et aux possibilités.
  • Pensée (T) ou Sentiment (F) : le critère de décision. La pensée tranche selon la logique et des critères impersonnels ; le sentiment, selon des valeurs et l’effet de la décision sur les personnes.
  • Jugement (J) ou Perception (P) : le rapport au monde extérieur. Le jugement aime planifier et conclure ; la perception préfère garder ses options ouvertes et s’adapter.

Chacune de ces dimensions, avec les malentendus qu’elle suscite, est détaillée dans notre article sur les quatre préférences qui composent un type. Retenons ici l’essentiel : le MBTI décrit des préférences, pas des compétences ni des aptitudes. Préférer l’introversion n’empêche pas de bien parler en public ; préférer la pensée n’empêche pas d’être attentif aux autres.

Comment se forment les 16 types de personnalité du MBTI

Le calcul est simple : quatre dimensions, deux possibilités pour chacune, soit 2 × 2 × 2 × 2 = 16 combinaisons. Chaque type est désigné par un code de quatre lettres, toujours dans le même ordre : l’énergie (E ou I), l’information (S ou N), la décision (T ou F), puis le rapport au monde extérieur (J ou P). L’intuition est notée N, la lettre I étant déjà prise par l’introversion. Une personne ENFP préfère ainsi l’extraversion, l’intuition, le sentiment et la perception ; une personne ISTJ, l’introversion, la sensation, la pensée et le jugement.

Les seize types sont traditionnellement présentés dans un tableau de quatre lignes et quatre colonnes, la « table des types », que l’on retrouve dans de nombreux ouvrages consacrés au MBTI :

STSFNFNT
IJISTJISFJINFJINTJ
IPISTPISFPINFPINTP
EPESTPESFPENFPENTP
EJESTJESFJENFJENTJ

Ce tableau se lit dans les deux sens. Les quatre types d’une même colonne partagent les deux lettres du milieu, c’est-à-dire la même manière de recueillir l’information et de décider. Les quatre types d’une même ligne partagent les deux lettres extérieures : l’orientation de l’énergie et le rapport au monde extérieur. Les introvertis occupent les deux lignes du haut, les extravertis les deux lignes du bas ; les types sensation, les deux colonnes de gauche, les types intuition, les deux colonnes de droite. Deux cases voisines ne diffèrent que d’une lettre.

Le type d’une personne se détermine à partir de ses réponses à un questionnaire à choix forcé : pour chaque question, on retient la proposition qui nous ressemble le plus. Le résultat indique, pour chaque dimension, le pôle préféré et la netteté de cette préférence. Cette netteté traduit la constance des réponses, pas un degré de talent : une préférence nette pour la pensée ne signifie pas que l’on raisonne mieux qu’un autre. Le type obtenu est ensuite discuté avec un praticien certifié, qui aide la personne à vérifier qu’il lui correspond. Le déroulé complet, de la passation à la restitution, est décrit dans notre article sur le fonctionnement du test MBTI et ses limites.

Un point mérite d’être souligné : les seize types ne sont pas seize cases étanches. Beaucoup de personnes se situent près du point de bascule sur une ou plusieurs dimensions, et une lettre peut changer d’une passation à l’autre. Le type est un point de départ pour la réflexion, pas une identité définitive.

Les quatre grands groupes de types

Pour y voir plus clair, on regroupe souvent les seize types en quatre familles de quatre. Deux regroupements coexistent, et ils ne se recoupent qu’en partie.

Les tempéraments : SJ, SP, NF et NT

Le regroupement le plus connu a été popularisé par le psychologue américain David Keirsey, notamment dans Please Understand Me, écrit avec Marilyn Bates et publié en 1978. Keirsey rapprochait ces quatre familles des tempéraments décrits depuis l’Antiquité ; il leur a donné par la suite les noms d’Artisans, de Gardiens, d’Idéalistes et de Rationnels. Ce modèle est une lecture du MBTI, pas le MBTI lui-même.

GroupeTypesCe qui les rapproche
SJ, les « Gardiens »ISTJ, ISFJ, ESTJ, ESFJle sens du devoir, la fiabilité, le respect des engagements et des méthodes éprouvées
SP, les « Artisans »ISTP, ISFP, ESTP, ESFPle goût de l’action, l’adaptation à la situation, l’efficacité dans l’instant
NF, les « Idéalistes »INFJ, INFP, ENFJ, ENFPla recherche de sens, l’attachement aux valeurs, l’intérêt pour le développement des personnes
NT, les « Rationnels »INTJ, INTP, ENTJ, ENTPle besoin de comprendre, le goût des idées, des systèmes et de la stratégie

Ce regroupement ne suit pas une logique unique : il associe l’intuition à la fonction de décision (NF, NT), mais la sensation au rapport au monde extérieur (SJ, SP).

Les paires de fonctions : ST, SF, NF et NT

Isabel Briggs Myers mettait en avant un autre regroupement, fondé sur les deux lettres du milieu, c’est-à-dire sur la combinaison d’une manière de percevoir et d’une manière de décider. Dans Gifts Differing, publié en 1980 avec son fils Peter Myers, elle y voyait la source des principales différences d’intérêts, de valeurs et d’habitudes de pensée. Elle décrivait les types ST (sensation-pensée) comme pratiques et factuels, les SF (sensation-sentiment) comme attentionnés et chaleureux, les NF (intuition-sentiment) comme enthousiastes et perspicaces, les NT (intuition-pensée) comme logiques et ingénieux. Ce sont les quatre colonnes de la table des types, et c’est ce regroupement que suivent nos portraits des seize types.

Et les noms que l’on croise sur Internet ?

Des sites grand public emploient d’autres noms, pour les groupes (« analystes », « diplomates »…) comme pour les types (« l’architecte », « le commandant »…). Ces surnoms ne font pas partie du MBTI officiel, qui désigne les types par leurs quatre lettres, et les questionnaires gratuits de ces sites ne sont pas le MBTI.

Les caractéristiques des types : plus que la somme de quatre lettres

On pourrait croire qu’un type se résume à l’addition de ses quatre préférences. La théorie du MBTI va plus loin : les préférences interagissent, et c’est cette dynamique qui donne à chaque type ses caractéristiques propres.

La fonction dominante et la fonction auxiliaire

Dans chaque type, deux des quatre fonctions de Jung jouent un rôle central : celle qu’indique la deuxième lettre (S ou N) et celle qu’indique la troisième (T ou F). L’une est la fonction dominante, celle qui donne le ton à la personnalité et sur laquelle on s’appuie le plus volontiers. L’autre est la fonction auxiliaire : elle la seconde et assure l’équilibre entre percevoir et décider. Les deux fonctions restantes, moins développées, sont dites tertiaire et inférieure ; la fonction inférieure est l’opposée de la dominante.

Comment les repérer à partir du code

La quatrième lettre sert précisément à les identifier. Elle indique quelle fonction la personne montre au monde extérieur : avec un J, c’est sa fonction de décision (T ou F) ; avec un P, sa fonction de perception (S ou N). Tout dépend ensuite de la première lettre. Chez une personne extravertie, la fonction dominante est celle qu’elle montre au monde extérieur. Chez une personne introvertie, la fonction dominante reste tournée vers son monde intérieur : c’est donc l’autre.

Trois exemples :

  • ESTJ : le J désigne la pensée comme fonction tournée vers l’extérieur ; la personne étant extravertie, la pensée est dominante et la sensation auxiliaire. D’où un type qui organise, tranche et fait avancer les choses de façon logique.
  • ISTJ : la fonction tournée vers l’extérieur est toujours la pensée, mais la personne est introvertie. Sa fonction dominante est donc la sensation, vécue intérieurement : l’expérience accumulée, les faits vérifiés. La pensée, auxiliaire, sert à organiser. Une seule lettre de différence avec l’ESTJ, et pourtant un centre de gravité différent.
  • ESFP : le P désigne la sensation comme fonction tournée vers l’extérieur ; la personne étant extravertie, la sensation est dominante, au service de l’instant présent, et le sentiment auxiliaire.

C’est pourquoi deux types qui ne diffèrent que par la première lettre ne sont pas des versions plus ou moins sociables l’un de l’autre : ils n’ont pas la même fonction dominante.

Des portraits, pas des étiquettes

Les ouvrages consacrés au MBTI décrivent chaque type par ses points forts, sa manière de communiquer et de travailler, et ses points de vigilance, notamment la façon dont la fonction inférieure peut prendre le dessus sous l’effet du stress. Ce sont ces portraits que détaille, type par type, notre second article sur le sujet, cité en introduction. Ils se lisent comme des tendances, jamais comme une description qui s’imposerait à la personne.

Comment utiliser les 16 types au quotidien

Connaître son type n’a d’intérêt que si l’on en fait quelque chose. Voici quelques usages concrets.

  1. Mieux se connaître. Le type aide à comprendre pourquoi certaines tâches épuisent quand d’autres stimulent. Une personne de préférence introversion qui enchaîne les réunions aura besoin d’un moment au calme pour récupérer ; une personne de préférence perception supportera mal un planning minuté à l’excès. Mettre des mots sur ces préférences permet d’organiser son travail en conséquence.
  2. Mieux communiquer. Savoir que son interlocuteur préfère les faits précis, ou au contraire la vue d’ensemble, aide à adapter son message. Beaucoup de malentendus viennent moins d’un désaccord de fond que de deux manières différentes de recueillir l’information ou de décider.
  3. Comprendre ses réactions sous stress. La théorie du type décrit un phénomène que beaucoup reconnaissent : sous une forte pression, la fonction la moins développée, dite inférieure, peut prendre le dessus de façon maladroite. La personne très logique devient soudain susceptible ; la personne très attachée aux faits se met à imaginer le pire. Le savoir aide à reconnaître ces moments et à prendre du recul.
  4. Réfléchir à son parcours. Le type peut nourrir une réflexion d’orientation, en aidant à repérer les environnements dans lesquels on se sent à l’aise. Il ne doit pas trancher : on trouve des personnes de tous les types dans la plupart des métiers, et le type ne dit rien des compétences.
  5. Travailler en équipe. Placer les membres d’une équipe sur la table des types, avec leur accord, fait apparaître ses équilibres et ses angles morts. Une équipe composée surtout de types SJ sera sans doute solide sur le suivi, peut-être moins à l’aise avec l’imprévu.

Les atouts et les limites de la grille des 16 types

La grille des seize types a des atouts réels. Elle est simple à retenir, elle ne classe pas les personnes de la meilleure à la moins bonne, et elle fournit un vocabulaire commun, non jugeant, pour parler des différences : « j’ai besoin d’un plan », « je réfléchis mieux à voix haute ». Chaque type y est décrit par ses forces autant que par ses points de vigilance.

Ses limites sont tout aussi documentées. Le passage d’un score à une lettre crée des frontières nettes là où les réponses se répartissent de façon continue : deux personnes presque identiques peuvent recevoir des types différents. Le type obtenu peut changer d’une passation à l’autre, le plus souvent sur une seule lettre. Surtout, sa valeur prédictive n’est pas démontrée : il ne permet de prévoir ni la performance au travail ni la réussite dans un métier. L’éditeur de l’instrument, The Myers-Briggs Company, déconseille d’ailleurs de l’utiliser pour recruter. Enfin, le modèle ne couvre pas toute la personnalité : la stabilité émotionnelle, par exemple, n’y figure pas.

Employée pour ce qu’elle est, une grille de lecture des préférences, elle rend de vrais services en connaissance de soi, en coaching et en équipe. Employée comme une mesure ou un verdict, elle induit en erreur.

Questions fréquentes sur les 16 personnalités MBTI

Qu’est-ce que le MBTI ?

Le Myers-Briggs Type Indicator est un questionnaire de personnalité conçu par Katharine Cook Briggs et sa fille Isabel Briggs Myers à partir de la théorie des types psychologiques de Carl Gustav Jung. Il décrit des préférences sur quatre dimensions et aboutit à l’un des seize types. On l’utilise surtout en connaissance de soi, en coaching et en formation.

Quels sont les 16 types de personnalité du MBTI ?

ISTJ, ISFJ, INFJ, INTJ, ISTP, ISFP, INFP, INTP, ESTP, ESFP, ENFP, ENTP, ESTJ, ESFJ, ENFJ et ENTJ. Aucun n’est meilleur qu’un autre : chacun a ses forces et ses points de vigilance.

Comment fonctionne le MBTI ?

Le questionnaire situe la personne d’un côté ou de l’autre de quatre dimensions : extraversion ou introversion, sensation ou intuition, pensée ou sentiment, jugement ou perception. Les quatre lettres obtenues forment son type, qui est ensuite discuté et vérifié avec un praticien certifié lors d’un entretien de restitution.

Pourquoi connaître son type MBTI ?

Pour mieux se connaître, comprendre ce qui nous donne de l’énergie ou nous en coûte, et mieux communiquer avec des personnes qui fonctionnent autrement. Pour un manager ou un dirigeant, c’est un point d’appui pour réfléchir à son style de management et l’ajuster. Le type reste une grille de lecture : il ne mesure ni les compétences ni le potentiel.

Comment savoir quel est son type de personnalité ?

En passant le questionnaire officiel auprès d’un praticien certifié, puis en discutant le résultat avec lui : c’est cet échange qui permet de retenir le type qui vous correspond le mieux. Les tests gratuits en ligne s’inspirent du modèle, mais ce ne sont pas le MBTI. Prenez le temps de lire votre rapport et de le confronter à votre expérience, sans vous enfermer dans quatre lettres.