Aller au contenu
Tests psychologiques en entrepriseApprenez à connaître vos collaborateursÉchangeons sur vos enjeux

ManagementLecture : 12 min

Comment développer la bienveillance en entreprise ?

Le mot « bienveillance » s’est imposé dans le vocabulaire des entreprises, au point d’être parfois galvaudé.

Tasse de café au lait décorée d’un cœur, à côté d’un carnet

Le mot « bienveillance » s’est imposé dans le vocabulaire des entreprises, au point d’être parfois galvaudé. Derrière l’effet de mode se trouve pourtant une idée simple et exigeante : traiter chaque personne avec respect et considération, y compris lorsqu’il faut lui dire des choses difficiles. Une plus grande bienveillance en entreprise améliore le bien-être des salariés et, par ricochet, la qualité du travail et la coopération. Dans cet article, nous verrons ce que recouvre vraiment la bienveillance, pourquoi elle compte, quels bénéfices on peut en attendre et comment la développer concrètement, au quotidien comme à l’échelle de l’organisation.

La bienveillance, c’est quoi ?

Le mot dit l’essentiel : être bienveillant, c’est vouloir du bien à l’autre. Dans le monde du travail, la bienveillance désigne une attitude d’accueil, de respect et de considération envers ses collègues, ses collaborateurs et sa hiérarchie, mais aussi envers ses clients et ses partenaires. Elle se manifeste par des mots et par des actes : écouter vraiment, reconnaître un effort, encourager, aider une personne en difficulté, dire les choses avec tact. C’est un principe fondamental pour créer un environnement de travail favorable, où chacun peut donner le meilleur de lui-même.

Bien comprise, la bienveillance est une source de motivation pour les membres d’une organisation. Elle permet à chacun de trouver sa place et de progresser. Elle favorise la communication et le dialogue, le partage des idées, l’innovation et le développement des compétences. Elle crée enfin une dynamique positive qui contribue à la réussite durable de l’entreprise.

Encore faut-il ne pas se tromper de définition. La bienveillance n’est ni la complaisance, ni l’absence d’exigence, ni l’évitement des conflits. Un manager qui tait un problème de qualité pour « ne pas faire de peine » n’est pas bienveillant : il prive son collaborateur de l’information dont il a besoin pour progresser. La bienveillance consiste au contraire à dire ce qui ne va pas, clairement, en s’attaquant au problème et non à la personne, et en proposant un soutien pour s’améliorer. On parle parfois d’« exigence bienveillante » pour désigner cet équilibre entre des attentes élevées et le respect de chacun.

Le concept s’étend au-delà des collaborateurs, à l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise : clients, fournisseurs, actionnaires, partenaires. À cette échelle, la bienveillance rejoint la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) : respect des droits humains, loyauté envers les partenaires commerciaux, respect des normes sociales et environnementales, prise en compte des considérations éthiques dans les décisions.

Lorsqu’une entreprise développe une culture bienveillante, elle encourage le travail collaboratif et facilite la gestion des équipes. Les salariés y trouvent un sentiment d’appartenance, davantage de confiance et une plus grande sérénité quant à leur avenir professionnel. La bienveillance est d’ailleurs l’un des ingrédients de la confiance : on se fie plus volontiers à quelqu’un dont on sait qu’il nous veut du bien, comme le détaille notre article sur les leviers pour développer la confiance en entreprise.

Le leadership bienveillant permet aussi aux dirigeants d’aider leurs collaborateurs à acquérir de nouvelles compétences et de nouvelles connaissances, ce qui prépare l’avenir de l’entreprise. Il n’exclut ni les objectifs ambitieux ni les échéances serrées : il suppose simplement que les moyens de les atteindre soient discutés et que chacun soit soutenu dans l’effort.

Enfin, une culture bienveillante aide une entreprise à attirer et à fidéliser les talents. Les salariés restent plus volontiers là où ils se sentent respectés et où ils ont le sentiment de faire partie intégrante du collectif. Pour réussir sur le long terme, une organisation a donc tout intérêt à imprégner sa culture de cet esprit, à l’égard de ses collaborateurs comme de ses partenaires extérieurs.

Pourquoi la bienveillance en entreprise est-elle importante ?

La bienveillance n’est pas un supplément d’âme : elle touche à la santé des salariés, à la qualité du travail et au fonctionnement même de l’organisation.

D’abord, elle se traduit par un climat de travail plus ouvert, où les salariés osent exprimer leurs idées, poser des questions et signaler un problème. Dans un climat de méfiance ou de peur, les difficultés remontent tard, souvent trop tard, et les mêmes erreurs se répètent.

Ensuite, la bienveillance favorise la communication entre les membres du personnel. Les salariés partagent plus facilement leurs idées, discutent des obstacles qu’ils rencontrent et cherchent ensemble des solutions. Une bonne communication est indispensable pour mettre en œuvre des stratégies qui profitent à l’ensemble de l’entreprise.

Elle contribue aussi à la qualité du travail. Des salariés qui se sentent respectés et appréciés sont plus motivés à bien faire et plus enclins à prendre des initiatives. La confiance en ses propres capacités se nourrit des encouragements reçus, et elle rend possibles des projets plus ambitieux.

Enfin, la bienveillance est un facteur de prévention. Le mépris, les humiliations, les critiques incessantes ou la mise à l’écart d’un salarié font partie des situations qui dégradent la santé mentale au travail. Or, en France, l’employeur ne choisit pas d’agir ou non : la loi lui fait obligation de protéger ses salariés, dans leur santé mentale autant que physique, et de prendre pour cela les mesures qui s’imposent. Une culture bienveillante ne remplace pas cette démarche de prévention, mais elle en est un appui précieux, en particulier pour réduire les risques psychosociaux liés aux relations de travail. La notion de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), introduite par les partenaires sociaux en 2020 puis consacrée par la loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail, va dans le même sens : elle invite à agir sur le travail lui-même et sur son organisation, plutôt que sur des actions de bien-être ponctuelles.

Une culture bienveillante est donc un investissement pour la croissance durable de l’entreprise. Des salariés à l’aise dans leur environnement professionnel sont plus motivés et plus efficaces, et ils le restent plus longtemps.

Comment favoriser la bienveillance au travail au quotidien ?

Pour favoriser la bienveillance au travail, les entreprises ont intérêt à mettre en place une démarche cohérente, qui repose sur trois piliers : affirmer des valeurs, créer des occasions d’échange et soutenir les personnes.

Tout commence par des valeurs claires. L’honnêteté, l’intégrité et le respect mutuel ne doivent pas rester des mots affichés dans le hall d’accueil : ils doivent être expliqués, discutés et traduits en comportements concrets, afin que chacun sache ce que l’on attend de lui. Une charte de comportements, élaborée avec les équipes plutôt qu’imposée d’en haut, peut y aider.

Ensuite, il est utile de donner aux salariés des outils et des occasions de mieux travailler ensemble. Des espaces conviviaux, où l’on peut se détendre et discuter, favorisent les échanges informels. Des ateliers sur la communication, la gestion des émotions ou le feedback aident chacun à progresser. Dans ce domaine, développer l’intelligence émotionnelle, cette capacité à percevoir et à réguler ses émotions comme celles des autres, est un atout pour les managers comme pour leurs équipes. Des réunions régulières peuvent aussi être consacrées au fonctionnement de l’équipe et aux relations de travail, à condition d’être animées par une personne à l’aise avec ce type d’échange.

Il faut également permettre à chacun de s’exprimer sans crainte. Les dirigeants peuvent créer des espaces où les salariés parlent librement et partagent leurs opinions sans risque de représailles. Ils peuvent aussi mettre en place des dispositifs permettant de signaler, en toute confidentialité, un comportement inapproprié ou un manquement aux règles éthiques. Les salariés expriment alors leurs points de vue sans craindre pour leur carrière, et les dirigeants repèrent plus tôt les situations à corriger.

Au quotidien, la bienveillance se joue dans des gestes simples : dire bonjour, remercier de manière précise, prendre le temps d’écouter, reconnaître ses propres erreurs, formuler une critique en privé plutôt qu’en public, s’intéresser à la charge de travail de chacun. Le feedback est un bon test : un retour bienveillant décrit des faits observables, en explique les conséquences et propose une piste d’amélioration, sans porter de jugement sur la personne.

Enfin, les dirigeants doivent montrer l’exemple. Leur respect pour tous les membres du personnel se voit dans leur manière de communiquer, d’écouter et de soutenir ceux qui traversent des difficultés personnelles ou professionnelles. Rien ne décrédibilise davantage un discours sur la bienveillance qu’un comportement contraire au sommet de l’organisation.

En somme, favoriser la bienveillance au travail suppose des valeurs clairement établies, des outils et des occasions d’échange, une parole libre et l’exemplarité des dirigeants. C’est ainsi que l’organisation cultive un climat bienveillant et que les salariés gagnent en assurance, en eux-mêmes comme dans leur environnement professionnel.

Quels sont les bienfaits de la bienveillance en entreprise ?

Une culture bienveillante valorise les contributions de chacun, tient compte des besoins individuels et renforce le sentiment d’appartenance. Ses effets positifs se font sentir à plusieurs niveaux.

Le premier bienfait concerne la motivation. Des salariés qui se sentent respectés et soutenus s’impliquent davantage et prennent plus volontiers des initiatives. Un environnement où chacun peut partager ses opinions, ses idées et ses doutes sans crainte d’être ridiculisé est aussi un terrain favorable à l’innovation et à l’amélioration continue : on ose proposer une idée, signaler une erreur ou tester une nouvelle manière de faire.

Le deuxième concerne la fidélisation. Lorsque les salariés se sentent respectés, valorisés et appréciés pour leur travail, ils restent plus volontiers dans l’entreprise. Cela réduit les coûts liés au recrutement et à l’intégration de nouveaux collaborateurs, et préserve les compétences comme la mémoire de l’organisation.

Le troisième concerne l’engagement. Des salariés bien traités adhèrent plus facilement aux objectifs de l’organisation et s’investissent davantage dans la vie collective. Cet engagement se ressent dans la qualité du travail et, au bout du compte, dans la relation avec les clients et dans la réputation de l’entreprise.

Le quatrième concerne la santé et le climat de travail. Moins de tensions inutiles, moins de conflits qui s’enveniment, moins de stress lié aux relations : la bienveillance ne supprime pas les difficultés du travail, mais elle évite d’y ajouter une souffrance relationnelle.

Ces bienfaits ne s’obtiennent cependant qu’à deux conditions : un soutien réel et durable aux salariés, et un traitement équitable de tous les membres du personnel. Une bienveillance réservée à quelques-uns, ou affichée dans les discours mais absente des pratiques, produit l’effet inverse : elle alimente le cynisme.

Comment développer la bienveillance en entreprise ?

Au-delà des gestes quotidiens, développer la bienveillance en entreprise demande des mesures structurelles, qui l’inscrivent dans l’organisation elle-même et la rendent indépendante de la bonne volonté de quelques personnes.

La première étape consiste à communiquer clairement les objectifs et les valeurs de l’entreprise. Les salariés doivent comprendre ce que l’on attend d’eux et comment y parvenir pour travailler ensemble efficacement. Une communication ouverte et transparente garantit que chacun dispose des mêmes informations et peut exprimer ses opinions et ses suggestions sans crainte de représailles.

Une autre façon de développer la bienveillance consiste à reconnaître les contributions de chacun. La reconnaissance peut être financière, avec des primes ou des augmentations, mais elle passe aussi, et souvent surtout, par des marques non financières : un remerciement précis, la mise en valeur d’un travail réussi devant l’équipe, de nouvelles responsabilités, une formation choisie. Les entreprises peuvent également encourager l’esprit d’initiative en sollicitant les idées des salariés pour améliorer les produits, les services ou le fonctionnement interne, et en leur donnant une suite visible.

Les entreprises peuvent aussi soutenir concrètement leurs salariés dans leurs missions. Le mentorat, des points réguliers pour discuter des difficultés rencontrées ou des formations adaptées aident chacun à acquérir l’expérience et les connaissances nécessaires. L’accueil des nouveaux arrivants mérite une attention particulière : les premières semaines donnent le ton de toute la relation de travail.

La formation des managers est un autre levier décisif. Savoir écouter, conduire un entretien difficile, donner un feedback constructif, repérer un collaborateur en difficulté : ces compétences s’apprennent. Un manager formé à ces situations se montre plus spontanément bienveillant, et plus juste.

Enfin, les règles doivent être claires et appliquées de la même manière à tous. Des procédures précises doivent encadrer la prévention et le traitement du harcèlement moral et sexuel : le Code du travail impose d’ailleurs à l’employeur de prendre toutes les dispositions nécessaires pour prévenir le harcèlement moral (article L1152-4) et le harcèlement sexuel (article L1153-5). Des repères sur les comportements attendus, connus de tous, permettent de réagir rapidement lorsque les limites sont franchies. Une bienveillance sans cadre finit par profiter à ceux qui ne la respectent pas.

Quelques erreurs sont à éviter. La première consiste à confondre bienveillance et complaisance, en renonçant à dire ce qui ne va pas. La deuxième consiste à en faire une injonction : exiger des salariés qu’ils restent positifs en toutes circonstances revient à nier les difficultés réelles du travail. La troisième consiste à multiplier les actions symboliques sans toucher à l’organisation du travail : une salle de pause agréable ne compense ni une charge de travail intenable ni un management méprisant.

La bienveillance en entreprise est un facteur essentiel pour le développement des collaborateurs et de l’organisation. Des mesures simples, adaptables à tous les contextes, permettent de l’encourager : favoriser le dialogue, créer des espaces d’écoute et de respect, préserver la santé et le bien-être de chacun. C’est une valeur qui permet de grandir et de progresser collectivement.

Questions fréquentes sur la bienveillance en entreprise

Quel est le rôle de la bienveillance en entreprise ?

La bienveillance vise à instaurer un climat de travail respectueux et positif, où chaque collaborateur est traité avec dignité. Elle encourage la créativité et l’initiative, facilite la coopération et améliore la qualité des relations professionnelles, sans renoncer pour autant à l’exigence sur le travail.

Quelles sont les conséquences du manque de bienveillance en entreprise ?

Un manque de bienveillance a des conséquences à la fois humaines et professionnelles. Les salariés peuvent se sentir démotivés, stressés, voire indifférents à leur travail. Cela peut se traduire par davantage d’absentéisme, une baisse de la qualité du travail, des conflits plus fréquents et des départs de collaborateurs. Dans les cas les plus graves, un climat hostile met en danger la santé des salariés, que l’employeur a l’obligation de protéger.

Comment développer la bienveillance en entreprise ?

Le développement de la bienveillance commence par des valeurs claires, qui encouragent le respect mutuel, et par l’exemple donné par les dirigeants. Il passe ensuite par des actions concrètes : des temps d’échange réguliers, la formation des managers au feedback et à l’écoute, la reconnaissance du travail accompli, un soutien actif aux initiatives et des règles appliquées à tous.

Quels outils peuvent être utilisés pour encourager la bienveillance ?

Plusieurs outils existent : des formations à la communication, au feedback et à la reconnaissance du travail d’autrui, des réunions régulières consacrées au fonctionnement de l’équipe, des programmes de mentorat, des dispositifs de reconnaissance du personnel et des procédures de signalement confidentielles. Les enquêtes internes permettent en outre de mesurer le climat de travail et d’en suivre l’évolution.

Quelles sont les conséquences positives du développement de la bienveillance en entreprise ?

Une culture bienveillante encourage l’innovation, la créativité et l’engagement des salariés, tout en renforçant leur sentiment d’appartenance. Elle contribue aussi à réduire le stress lié aux relations de travail, à fidéliser les collaborateurs et à améliorer le fonctionnement global de l’organisation.