Aller au contenu
Tests psychologiques en entrepriseApprenez à connaître vos collaborateurs

ManagementLecture : 9 min

Comment favoriser l’engagement des salariés au sein de l’entreprise ?

L’engagement des salariés est un enjeu majeur pour les entreprises. Les recherches en psychologie du travail associent en général un engagement élevé à une meilleure qualité du travail, à un absentéisme plus faible et à une plus grande fidélité des équipes.

Équipage d’un bateau-dragon ramant en cadence

L’engagement des salariés est un enjeu majeur pour les entreprises. Les recherches en psychologie du travail associent en général un engagement élevé à une meilleure qualité du travail, à un absentéisme plus faible et à une plus grande fidélité des équipes. Favoriser l’engagement des salariés est donc une préoccupation centrale pour les dirigeants, les ressources humaines et les managers.

Il existe plusieurs façons d’y parvenir. La première consiste à confier aux salariés de vraies responsabilités et à les laisser prendre des initiatives : chacun a besoin de se sentir utile. La deuxième consiste à les associer aux décisions qui les concernent. La troisième consiste à communiquer : un salarié qui connaît les objectifs de l’entreprise et comprend ce qui s’y passe peut s’y investir en connaissance de cause.

Faire vivre des équipes engagées n’a rien de facile, mais c’est l’un des leviers les plus puissants dont dispose une organisation. Voici les enjeux, les causes du désengagement, les stratégies qui fonctionnent et les moyens de mesurer où en est votre entreprise.

Quels sont les enjeux de l’engagement des salariés au sein de l’entreprise ?

Le terme « engagement » désigne l’implication et l’investissement personnel que les salariés consacrent à leur travail et à leur entreprise. Le chercheur américain William Kahn, qui en a proposé en 1990 l’une des premières définitions, le décrivait comme le fait de s’investir dans son rôle professionnel à la fois physiquement, intellectuellement et émotionnellement. Un salarié engagé ne se contente pas d’exécuter sa tâche : il y met de l’énergie, il y trouve du sens et il se soucie du résultat.

L’enjeu est de taille, car l’engagement a des effets directs sur la performance : qualité du travail, relation avec les clients, capacité d’innovation, climat d’équipe. Il repose sur plusieurs facteurs, parmi lesquels la satisfaction au travail, la motivation, la fierté d’appartenance et le sentiment d’être utile. Pour le favoriser, il faut donc agir sur chacun de ces aspects.

La satisfaction au travail est un élément clé. Les salariés satisfaits de leurs conditions de travail s’investissent plus volontiers. Pour la favoriser, il faut veiller à ce qu’ils disposent des moyens d’accomplir leurs tâches dans de bonnes conditions, leur donner la possibilité de progresser et reconnaître leur travail, pas seulement par des primes, mais aussi par un retour précis et sincère sur ce qu’ils ont accompli.

La motivation est un autre facteur important. Des salariés motivés s’impliquent davantage et tiennent mieux leurs objectifs. Pour l’entretenir, mieux vaut fixer des objectifs clairs et atteignables, donner un retour régulier sur le travail accompli et permettre à chacun de participer à la définition de ses propres objectifs. Les ressorts de ce mécanisme sont détaillés dans notre article sur l’importance de la motivation au travail.

La fierté d’appartenance, enfin, joue un rôle souvent sous-estimé. Les salariés fiers de leur entreprise s’y impliquent davantage et y restent plus longtemps. Pour la cultiver, il est utile de communiquer régulièrement sur les réussites collectives, de valoriser les compétences et les savoir-faire des équipes et de montrer l’utilité concrète du travail de chacun pour les clients ou pour la société.

Quelles sont les principales causes de l’absence d’engagement des salariés ?

Le désengagement s’installe rarement du jour au lendemain. Il résulte le plus souvent d’une accumulation de frustrations, dont voici les causes les plus fréquentes.

  1. La mauvaise communication : un salarié qui ignore les objectifs de l’entreprise ou les raisons d’une décision peut difficilement s’y engager. Les dirigeants et les managers doivent expliquer régulièrement où va l’entreprise, ce qu’ils attendent de chacun et pourquoi.
  2. Le manque de reconnaissance : chacun a besoin de sentir que son travail compte. Lorsque les efforts passent inaperçus, la motivation s’érode, et avec elle l’envie de donner le meilleur de soi-même.
  3. Le manque de perspectives : sans possibilité d’apprendre, de prendre de nouvelles responsabilités ou d’évoluer, un salarié finit par s’ennuyer et par se désintéresser de son travail. Le manager de proximité joue ici un rôle décisif, par la place qu’il tient dans le développement des compétences de l’équipe.
  4. Un climat de travail dégradé : tensions non réglées, conflits qui s’enveniment, manque de respect… Dans une mauvaise ambiance, personne ne se sent à l’aise pour s’investir. Les activités collectives, comme un team building, peuvent aider à retisser des liens, à condition de traiter aussi les causes réelles des tensions.
  5. Le manque de souplesse : beaucoup de salariés cherchent à concilier vie professionnelle et vie personnelle. Lorsque le métier le permet, l’absence de toute possibilité de télétravail ou d’horaires aménagés pèse sur la fatigue et sur l’envie de rester. Ces attentes sont souvent prêtées aux plus jeunes, mais elles concernent en réalité toutes les générations, comme le montre ce que l’on sait vraiment des attentes de la génération Y au travail.

À ces causes s’ajoutent souvent une charge de travail excessive et un manque d’autonomie, qui épuisent les meilleures volontés. Tous ces facteurs se renforcent les uns les autres : mieux vaut les repérer tôt, avant que le désengagement ne s’installe durablement.

Quelles sont les stratégies pour favoriser l’engagement des salariés ?

L’engagement des salariés n’est pas l’affaire des seules ressources humaines. La direction générale fixe le cap et donne l’exemple ; la DRH construit les politiques qui le soutiennent (rémunération, formation, mobilité, conditions de travail) ; le manager de proximité le fait vivre au quotidien, car c’est d’abord avec lui que se joue la relation de chaque salarié à son travail. Cela paraît évident, et pourtant l’engagement est loin d’aller de soi dans beaucoup d’organisations. Un phénomène en témoigne : le présentéisme.

Qu’est-ce que cela signifie ? À l’inverse de l’absentéisme, où les salariés sont absents et donc facilement repérables, le présentéisme désigne le fait d’être à son poste sans pouvoir ou sans vouloir s’y investir pleinement, par fatigue, par maladie ou par démotivation. Le salarié répond aux courriels, assiste aux réunions, partage parfois quelques idées, mais sans réel engagement. Le phénomène est d’autant plus préoccupant qu’il est peu visible : des personnes présentes physiquement mais absentes mentalement peuvent tirer vers le bas l’efficacité de toute une organisation. Une attitude voisine a été popularisée en 2022 sous le nom de « démission silencieuse » (quiet quitting en anglais) : s’en tenir strictement à ce que prévoit sa fiche de poste, sans jamais aller au-delà.

Voici quelques stratégies qui aident les entreprises à favoriser l’engagement de leurs salariés :

  • Favoriser la communication : les salariés doivent pouvoir échanger entre eux et avec leur manager, poser des questions et obtenir des réponses. Ils comprennent alors mieux les objectifs de l’entreprise et se sentent davantage concernés par leur travail.
  • Promouvoir la collaboration : travailler ensemble sur des projets communs rend les équipes plus efficaces, permet de mieux se connaître et facilite la communication.
  • Encourager la mobilité et le développement : proposer des formations, de nouvelles missions ou des évolutions de poste montre aux salariés que l’entreprise croit en eux et renforce leur sentiment d’appartenance.
  • Faire confiance : laisser de l’autonomie dans l’organisation du travail, c’est reconnaître la compétence des personnes. La confiance est à la fois une condition et une conséquence de l’engagement, comme l’explique notre article sur les moyens de développer la confiance dans l’entreprise.
  • Veiller au bien-être : des conditions de travail correctes, une charge de travail soutenable et des espaces de convivialité comptent davantage que les gadgets. Les activités de cohésion ont leur place, à condition de ne pas remplacer l’attention portée au travail lui-même.

En mettant en place ces stratégies de manière cohérente et durable, les entreprises créent les conditions de l’engagement. Elles ne peuvent pas le décréter : elles peuvent seulement le rendre possible.

Comment évaluer l’engagement des salariés au sein de l’entreprise ?

On ne progresse que sur ce que l’on mesure. Avant de lancer un plan d’action, il est utile de savoir où en est l’entreprise, service par service, puis d’en suivre l’évolution dans le temps. Plusieurs méthodes se complètent.

  • Les enquêtes internes : un questionnaire anonyme, administré à intervalles réguliers, recueille l’avis des salariés sur leur travail, leur manager, leurs perspectives et leur envie de rester. Pour être utile, il doit être suivi d’un retour aux équipes et d’actions visibles ; sans cela, il nourrit la défiance plus qu’il ne la réduit.
  • Les questionnaires validés : les chercheurs ont mis au point des outils éprouvés, comme l’échelle d’engagement au travail d’Utrecht (UWES), conçue par les psychologues néerlandais Wilmar Schaufeli et Arnold Bakker. Elle mesure trois dimensions : la vigueur (l’énergie investie dans le travail), le dévouement (le sens et l’enthousiasme qu’on y trouve) et l’absorption (le fait d’être pleinement concentré sur ce que l’on fait).
  • Les indicateurs RH : rotation du personnel, absentéisme, participation aux formations ou aux enquêtes, candidatures internes. Aucun ne mesure l’engagement à lui seul, mais leur évolution donne des signaux utiles.
  • Les entretiens individuels : l’entretien annuel et les échanges réguliers entre le manager et chaque collaborateur restent le meilleur moyen de comprendre ce qui motive ou freine une personne.

Une fois le diagnostic posé, place à l’action : créer des occasions de rencontre et d’échange entre les salariés, leur donner les moyens de s’impliquer dans le fonctionnement de l’entreprise et les associer aux décisions qui les concernent. Les résultats de la mesure servent alors de point de départ à un dialogue, et non de simple tableau de bord.

En définitive, favoriser l’engagement des salariés, c’est combiner des gestes simples et constants : confier des responsabilités, associer aux décisions, reconnaître le travail accompli, offrir des perspectives, encourager les liens entre collègues. Aucun de ces leviers ne suffit seul, mais ensemble ils font une vraie différence sur la motivation et la qualité du travail.

Questions fréquentes sur l’engagement des salariés

Quels sont les bénéfices d’une bonne implication des salariés au sein de l’entreprise ?

Une forte implication des salariés améliore en général la qualité du travail, la relation avec les clients et la capacité de l’entreprise à innover. Elle réduit aussi les coûts liés au désengagement, comme l’absentéisme ou le départ de collaborateurs qu’il faut ensuite remplacer et former.

Quels sont les facteurs qui favorisent l’engagement des salariés au sein de l’entreprise ?

Parmi les principaux facteurs figurent la reconnaissance du travail accompli, un bon climat social, une communication fluide entre les services, des objectifs clairs, des missions qui ont du sens et des perspectives d’évolution. L’attitude du manager de proximité pèse souvent plus lourd que les politiques décidées au siège.

Quelles sont les conséquences d’un manque d’engagement des salariés au sein de l’entreprise ?

Un manque d’engagement peut se traduire par une baisse de la qualité du travail, davantage d’erreurs, une communication appauvrie, plus d’absentéisme ou de présentéisme et des départs plus fréquents. Il pèse aussi sur le moral des salariés restés engagés, qui compensent souvent pour les autres.

Quelles sont les actions à mettre en place pour favoriser l’engagement des salariés au sein de l’entreprise ?

Plusieurs actions sont possibles : un système de reconnaissance du travail accompli, des temps d’échange réguliers entre les services, des objectifs et des missions clairement définis, un plan de formation qui ouvre des perspectives. Dans les entreprises d’au moins 11 salariés, un dialogue social de qualité avec le comité social et économique (CSE), qui a remplacé le comité d’entreprise, y contribue également.

Quels sont les principaux obstacles à l’engagement des salariés au sein de l’entreprise ?

Les obstacles les plus fréquents sont le manque de reconnaissance, un mauvais climat social, une communication défaillante entre les services, des objectifs flous, une charge de travail excessive et des missions peu motivantes. La plupart relèvent de l’organisation du travail et du management : ils peuvent donc être corrigés.