Tests et personnalitéLecture : 10 min
Quels sont les meilleurs tests d’intelligence émotionnelle ?
L’intelligence émotionnelle désigne la capacité à percevoir, comprendre et gérer ses propres émotions et celles des autres.

L’intelligence émotionnelle désigne la capacité à percevoir, comprendre et gérer ses propres émotions et celles des autres. Pour l’évaluer, les outils ne manquent pas, du quiz en ligne de dix questions au questionnaire scientifique étalonné sur de larges échantillons. Ils ne se valent pas et, surtout, ils ne mesurent pas tous la même chose. Tour d’horizon des principaux tests d’intelligence émotionnelle, de ce qu’ils évaluent réellement et de la façon de bien s’en servir.
Qu’est-ce qu’un test d’intelligence émotionnelle ?
Un test d’intelligence émotionnelle cherche à évaluer la capacité d’une personne à identifier, comprendre, exprimer et réguler ses émotions, ainsi qu’à percevoir celles des autres. Contrairement au QI, il n’existe pas de mesure unique ni standardisée du « quotient émotionnel » : chaque test repose sur un modèle particulier de l’intelligence émotionnelle et produit un score qui n’a de sens que dans ce cadre. Deux tests différents peuvent donc donner, pour une même personne, des résultats assez éloignés.
Il faut aussi dissiper quelques confusions. Un test de QI n’est pas un test d’intelligence émotionnelle : il mesure le raisonnement, la mémoire ou la logique, pas la façon de traiter les émotions. Les tests projectifs, où l’on interprète par exemple une image ambiguë, relèvent de la psychologie clinique et ne servent pas à évaluer l’intelligence émotionnelle. Enfin, les tests d’intelligence émotionnelle ne sont pas des outils de diagnostic : ils ne disent rien d’un éventuel trouble psychique et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.
Les instruments sérieux se répartissent en trois grandes familles, détaillées plus bas : les tests d’aptitude, où l’on résout des problèmes émotionnels ; les questionnaires d’auto-évaluation, où l’on décrit sa manière d’être ; les évaluations à 360 degrés, où l’entourage professionnel donne aussi son avis. S’y ajoutent des épreuves plus ciblées, comme la reconnaissance des émotions sur des visages ou dans des voix, qui n’évaluent qu’une facette de la notion : la perception des émotions.
Bien choisis et bien restitués, ces tests aident à prendre conscience de ses propres réactions et de la manière dont on perçoit celles des autres, ce qui est essentiel pour bâtir des relations professionnelles constructives.
Pourquoi évaluer son intelligence émotionnelle ?
Évaluer son intelligence émotionnelle aide à comprendre comment ses émotions influencent ses actions, ses décisions et ses relations. Un résultat détaillé, surtout s’il est restitué par un professionnel formé, met en évidence des points d’appui et des axes de progrès précis : par exemple une bonne perception des émotions d’autrui, mais une difficulté à contenir sa propre impatience. C’est un point de départ utile pour un plan de développement, un coaching ou un programme de formation au leadership.
La mesure sert aussi de repère dans le temps. Repasser le même test après plusieurs mois de travail permet d’objectiver des progrès, à condition de comparer ce qui est comparable : le même instrument, dans des conditions similaires.
En entreprise, l’évaluation de l’intelligence émotionnelle se retrouve surtout dans les parcours de développement des managers. Certains éditeurs proposent aussi des rapports destinés au recrutement. La prudence s’impose alors : dans un questionnaire d’auto-évaluation, un candidat peut facilement se présenter sous son meilleur jour, et un score ne dit rien, à lui seul, de sa réussite future dans le poste. Un tel résultat ne peut être qu’un élément parmi d’autres, à croiser avec les entretiens et les mises en situation, dans une démarche structurée comme celle que décrivent nos cinq propositions pour un recrutement réussi.
Enfin, un test n’a de valeur que s’il est choisi en connaissance de cause. Avant d’en passer ou d’en faire passer un, il est utile de se demander ce que l’on veut mesurer (des aptitudes, une image de soi, des comportements observés par l’entourage), pour quel usage, et qui interprétera les résultats. Les familles de tests présentées ci-dessous aident à trancher.
Les différents types de tests d’intelligence émotionnelle
Les tests d’aptitude
Ils traitent l’intelligence émotionnelle comme une forme d’intelligence. La personne résout des problèmes : identifier l’émotion exprimée par un visage, prévoir comment une émotion va évoluer, choisir la réaction la plus efficace dans une situation délicate. Les réponses sont comparées à celles d’un large échantillon ou d’un panel d’experts. L’avantage : il est difficile de tricher en se présentant sous un jour favorable. La limite : décider ce qu’est la « bonne » réponse émotionnelle prête à discussion, et ces tests sont plus longs à passer. Le MSCEIT est le représentant le plus connu de cette famille.
Les questionnaires d’auto-évaluation
Ce sont les plus répandus. La personne indique dans quelle mesure des affirmations lui correspondent (« je devine facilement ce que ressentent les autres », « je garde mon calme sous la pression »…). Ils mesurent donc la perception qu’elle a de ses propres dispositions émotionnelles, ce que les chercheurs appellent l’intelligence émotionnelle « de trait ». Rapides et faciles à administrer, ils sont en revanche sensibles au désir de bien paraître et au manque de recul sur soi. Leurs résultats recoupent en partie les grands traits de personnalité du modèle dit des Big Five (ouverture, conscienciosité, extraversion, agréabilité et stabilité émotionnelle), ce qui alimente le débat sur ce qu’ils mesurent en propre. L’EQ-i 2.0, le TEIQue et l’échelle de Schutte appartiennent à cette famille.
Les évaluations à 360 degrés
Elles combinent l’auto-évaluation et le regard de l’entourage : responsable, collègues, collaborateurs, parfois clients. On y évalue la fréquence de comportements observables au travail (« écoute sans interrompre », « reste calme en réunion tendue »…). Cette approche corrige en partie les biais de l’auto-évaluation et convient bien au développement des managers. Elle suppose en revanche un climat de confiance et une restitution soigneuse. L’ESCI et le Genos EI existent sous cette forme.
Les mises en situation et les entretiens
En recrutement ou en centre d’évaluation, on observe aussi l’intelligence émotionnelle en action : jeux de rôle (annoncer une mauvaise nouvelle, apaiser un client mécontent), entretiens portant sur des situations vécues. Ces méthodes ne produisent pas de score d’intelligence émotionnelle à proprement parler, mais elles montrent comment la personne réagit concrètement. Elles gagnent à être structurées et menées par des évaluateurs formés.
Les meilleurs tests d’intelligence émotionnelle
Il n’y a pas de meilleur test dans l’absolu : le bon choix dépend de ce que l’on veut mesurer et de l’usage prévu. Voici les instruments les plus reconnus, qui s’appuient sur un modèle publié et ont fait l’objet de travaux de validation. La plupart sont payants et diffusés par des éditeurs spécialisés, souvent réservés à des praticiens formés ou certifiés.
| Test | Famille | Auteurs | Format |
|---|---|---|---|
| MSCEIT | Aptitude | John D. Mayer, Peter Salovey, David Caruso | 141 items, huit tâches |
| EQ-i 2.0 | Auto-évaluation (existe en 360) | Modèle de Reuven Bar-On | 133 items, cinq domaines |
| TEIQue | Auto-évaluation | K. V. Petrides | 153 items (version courte : 30) |
| Échelle de Schutte | Auto-évaluation | Nicola Schutte et ses collègues | 33 items |
| Genos EI | Auto-évaluation et 360 | Benjamin Palmer, Con Stough | 70 items, sept dimensions |
| ESCI | 360 degrés | Daniel Goleman, Richard Boyatzis | Douze compétences, quatre domaines |
Le MSCEIT
Le Mayer-Salovey-Caruso Emotional Intelligence Test est le test d’aptitude de référence. Ses 141 items, répartis en huit tâches, couvrent les quatre branches du modèle de Mayer et Salovey : percevoir les émotions, les utiliser pour faciliter la réflexion, les comprendre et les gérer. Il demande en général de trente à quarante-cinq minutes. C’est l’outil à privilégier pour évaluer des capacités plutôt qu’une image de soi.
L’EQ-i 2.0
Issu des travaux de Reuven Bar-On, l’Emotional Quotient Inventory est l’un des questionnaires les plus utilisés en entreprise et en coaching. Sa version actuelle, l’EQ-i 2.0, compte 133 items qui décrivent quinze compétences regroupées en cinq domaines : la perception de soi, l’expression de soi, les relations interpersonnelles, la prise de décision et la gestion du stress. Il existe aussi en version à 360 degrés.
Le TEIQue
Le Trait Emotional Intelligence Questionnaire a été développé par K. V. Petrides à l’University College London. Sa version complète compte 153 items, qui renseignent quinze facettes regroupées en quatre facteurs (bien-être, maîtrise de soi, émotivité, sociabilité) ainsi qu’un score global ; une version courte de 30 items existe également. Une validation en langue française a été publiée en 2007, ce qui le rend intéressant pour un public francophone.
L’échelle de Schutte
Publiée en 1998 par Nicola Schutte et ses collègues, cette échelle d’auto-évaluation de 33 items s’appuie sur le modèle initial de Salovey et Mayer (1990). Courte et simple à administrer, elle est très utilisée en recherche. On la trouve aussi sous le nom de Schutte Self-Report Emotional Intelligence Test (SSEIT) ou d’Assessing Emotions Scale.
Le Genos EI
Conçu en Australie par Benjamin Palmer et Con Stough, le Genos Emotional Intelligence Inventory est pensé pour le monde du travail. Plutôt que des aptitudes, il évalue la fréquence de 70 comportements professionnels, répartis en sept dimensions qui vont de la conscience de ses propres émotions à la gestion de celles des autres. Il se passe en auto-évaluation ou à 360 degrés, en une vingtaine de minutes.
L’ESCI
L’Emotional and Social Competency Inventory a été développé par Daniel Goleman et Richard Boyatzis avec les chercheurs du cabinet Hay Group, aujourd’hui intégré à Korn Ferry. Cet outil à 360 degrés évalue douze compétences réparties dans les quatre domaines du modèle de Goleman : conscience de soi, gestion de soi, conscience sociale et gestion des relations. Il est surtout utilisé dans les programmes de développement du leadership.
Et les tests gratuits en ligne ? Ils peuvent servir d’amorce à une réflexion, mais la plupart ne publient ni leur modèle de référence, ni leurs données de validation, ni la population à laquelle votre score est comparé. Leur résultat est à prendre comme une indication, pas comme une mesure.
Après le test : comment améliorer son intelligence émotionnelle ?
Un test, en lui-même, ne fait progresser personne : il dresse un état des lieux. C’est ce qu’on en fait ensuite qui compte. Quelques principes aident à transformer un résultat en progrès réels :
- Faire restituer les résultats par une personne formée à l’outil, qui aide à les interpréter sans les surinterpréter.
- Choisir un ou deux axes de travail, pas davantage : par exemple la gestion du stress ou l’écoute, plutôt que « tout améliorer ».
- Traduire chaque axe en comportements concrets et observables : marquer une pause avant de répondre en réunion, reformuler avant de contredire, demander un retour après un entretien difficile.
- S’entraîner dans des situations réelles et solliciter régulièrement du feedback, idéalement auprès de plusieurs personnes.
- Refaire le point après quelques mois, avec le même outil, pour mesurer le chemin parcouru.
Un accompagnement accélère souvent ce travail. Un coaching professionnel offre un cadre pour expérimenter de nouveaux comportements et en tirer les leçons, séance après séance. Pour mieux cerner les composantes sur lesquelles on peut agir, de la conscience de soi aux aptitudes sociales, voir notre article sur la définition de l’intelligence émotionnelle et ses piliers.
Chaque outil éclaire l’intelligence émotionnelle sous un angle différent. L’essentiel est de choisir celui qui répond à votre question, puis de faire du résultat le point de départ d’un travail régulier, au service de votre bien-être comme de votre efficacité professionnelle.
Questions fréquentes sur les tests d’intelligence émotionnelle
Quelle est l’utilité des tests d’intelligence émotionnelle ?
Ils aident à mieux comprendre ses propres émotions et la manière dont on perçoit celles des autres, et à repérer ses points forts comme ses axes de progrès, par exemple la gestion des situations stressantes ou la communication. Ils servent surtout de point de départ à un travail de développement.
Quels sont les principaux types de tests d’intelligence émotionnelle ?
On distingue trois familles : les tests d’aptitude comme le MSCEIT, les questionnaires d’auto-évaluation comme l’EQ-i 2.0 (Emotional Quotient Inventory), le TEIQue ou l’échelle de Schutte, et les évaluations à 360 degrés comme l’ESCI ou le Genos EI. Ils ne mesurent pas exactement la même chose et leurs résultats ne sont pas interchangeables.
Quels sont les avantages des tests d’intelligence émotionnelle ?
Ils offrent une vision structurée de ses forces et de ses axes de progrès, un vocabulaire pour en parler et un repère pour mesurer ses progrès dans le temps. Leurs résultats peuvent nourrir des stratégies concrètes pour mieux gérer les conflits, le stress ou la prise de décision.
Quel est le meilleur test d’intelligence émotionnelle ?
Il n’existe pas de « meilleur » test dans l’absolu. Le MSCEIT est souvent considéré comme la référence pour mesurer des aptitudes, car il couvre les quatre branches du modèle de Mayer et Salovey : percevoir, utiliser, comprendre et gérer les émotions. Pour un travail de développement en entreprise, un questionnaire comme l’EQ-i 2.0 ou un outil à 360 degrés peut être plus parlant. Tout dépend de ce que l’on cherche à mesurer.
Quels sont les inconvénients des tests d’intelligence émotionnelle ?
Les questionnaires d’auto-évaluation reposent sur le jugement que les personnes portent sur elles-mêmes, avec les biais que cela suppose ; les tests d’aptitude soulèvent la question de ce qu’est une « bonne » réponse émotionnelle. Chaque test ne couvre que les composantes de son propre modèle, et aucun ne remplace un diagnostic clinique posé par un professionnel de la santé mentale.